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Pourquoi investir encore dans l’amélioration variétale des plantes alors que nous disposons déjà d’un patrimoine variétal important ? Chaque année en France environ 900 à 1000 nouvelles variétés sont présentées à l’inscription au catalogue. Et 350 environ seront retenues après avoir subi avec succès les épreuves techniques d’inscription en vue de la commercialisation. Le patrimoine génétique s’enrichit et par conséquent également la diversité des variétés disponibles puisque les organismes officiels ont le devoir de maintenir l’ensemble des variétés existantes. Toutefois, on peut se poser la question de la nécessité de poursuivre toujours ce travail de sélection. Les réponses sont nombreuses. Pour être complet, il faudrait traiter chaque espèce au cas par cas mais il y a quand-même des tendances très générales.
La résistance aux maladies
Depuis bien longtemps, les sélectionneurs ont compris la nécessité de sélectionner des variétés résistantes pour limiter l’emploi des pesticides. Par exemple dans le cas du blé, pour les essais d’inscription au catalogue, des essais comparatifs sont conduits avec et sans traitement phytosanitaire. Cette recherche est permanente car les populations de parasites elles-mêmes évoluent et contournent les résistances, ce qui conduit d’ailleurs à approfondir de nouveaux champs de recherche comme la durabilité de ces résistances. Des variétés telles que la Belle de Fontenay sont devenues au fil des années de plus en plus sensibles aux pathogènes, ce phénomène étant accentué pour les espèces multipliées par voie végétative. Dans ce domaine, les biotechnologies végétales apportent beaucoup, en particulier en permettant de comprendre les mécanismes de reconnaissance entre la plante et le parasite.
La qualité des produits
Parmi les autres objectifs de la création variétale qui nécessitent de perpétuelles adaptations, il faut citer la qualité du produit souvent associée aux technologies de transformation de l’industrie agro-alimentaire. Les plantes productrices d’huile, de farine, les plantes textiles comme le lin, la pomme de terre notamment, sont l’objet de ces améliorations technologiques.
La demande des consommateurs
La demande du consommateur est aussi un moteur de la diversification variétale : les plantes ornementales en sont l’exemple le plus visible. Mais les espèces potagères et fruitières sont soumises aux mêmes demandes et c’est heureux car, pendant longtemps, le consommateur ne s’exprimant pas, ce sont les distributeurs qui faisaient agir leurs préférences par exemple sur la durée de conservation ou la facilité de transport, ce qui a nuit à la qualité gustative de certains produits.
En réalité, la création de nouvelles variétés répond à des demandes d’origines diverses : des agriculteurs, des éleveurs, des industriels de la transformation, des consommateurs. La solution génétique est toujours la plus élégante car la moins ‘coûteuse’ : une fois acquis, le progrès est là et peut être reproduit.
Le délai de réponse entre la demande et la création de la nouvelle variété constitue l’une des difficultés de la sélection : il faut pour cela en général entre 6 et 12 ans. Les sélectionneurs de nouvelles variétés ont donc besoin d’anticiper la demande et d’utiliser toutes les technologies qui permettent de raccourcir ce délai. Les marqueurs génétiques, déjà largement utilisés en création variétale, font partie des outils permettant, entre autres, de réduire ce délai. Dans le même ordre d’idée, les biotechnologies permettent aussi d’accroître les potentialités du sélectionneur, par exemple en utilisant des croisements entre espèces qui apportent une palette de gènes nouveaux. C’est ainsi que dans le cas de la tomate, on introduit la résistance à la salinité qui permet d’élargir la zone de culture à des zones du Bassin Méditerranéen où le sol très salé ne permettrait pas cette culture.
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