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Le 24 juillet 2010, à Sorigny et à Saint-Branchs (Indre et Loire) des « faucheurs volontaires » ont détruit des cultures de tournesols tolérants à un herbicide, obtenus par mutagénèse chimique et présenté par les manifestants comme étant un « OGM caché ». Peut-on parler d’OGM pour ce type de variétés ? Un OGM est un organisme obtenu par transgénèse. Or la transgénèse actuelle n’est pas l’équivalent de la mutagénèse. Il faut pour cela revenir sur les définitions de la transgénèse et de la mutagénèse.
D’une façon générale, au sens large, la transgénèse est l’addition d’un gène dans le patrimoine d’une espèce. C’est un phénomène qui s’est produit au cours de l’évolution des organismes et qui se produit spontanément ; il peut aussi être maîtrisé par l’homme et c’est la maîtrise de cette technique qui aboutit aux OGM au sens strict. De ce point de vue, la transgénèse est définie comme le transfert d’un gène dans le génome d’une espèce par des moyens artificiels.
Au sens large, la mutagénèse est l’induction de modifications aléatoires dans un génome donné qui peuvent entraîner de nouveaux caractères : il peut s’agir de changement de place de segments chromosomiques, de perte de petits segments d’ADN, de changements dans la séquence des bases (A, T, G et C) au niveau de la molécule d’ADN. Au sens restreint, elle est limitée à ces derniers types de modifications. Le remplacement d’une base par une autre au niveau de la séquence d’ADN peut être obtenu par certains agents chimiques mutagènes, appliqués au niveau des graines ou des cellules en culture. Ce type de mutation est analogue aux mutations spontanées à la base de la variation génétique naturelle des espèces.
Cette technique a été très utilisée dans l’amélioration de certaines espèces. Dans le cas des tournesols tolérants à un herbicide (imidazolinone) il s’agit de mutations spontanément apparues dans des cultures de soja traitées avec cet herbicide. Il s’agit donc d’une mutation naturelle.
La transgénèse et la mutagénèse sont donc différentes. La transgénèse correspond à l’insertion d’une séquence nouvelle d’ADN, alors que la mutagénèse induite correspond, au sens strict, à la modification de l’information au niveau d’un gène, et n’implique donc pas une insertion de séquence d’ADN au niveau du génome.
Les nouvelles variétés obtenues donc par mutagénèse aléatoire ne peuvent pas, en l’état, être considérées comme des OGM ni même des « OGM cachés ». En fait, ce qui semble être caché derrière ce terme volontairement utilisé, c’est une demande d’évaluation similaire à celle qui est effectuée pour les plantes transgéniques
Comité scientifique de l’AFBV
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